Solaire d'abord, groupe électrogène
en secours : l'hybride au Tchad
Dans la région d'Abéché, à l'est du Tchad, un bourg et son bétail vivent de l'eau d'un forage : 100 m³ par jour, sans un jour de répit. Le groupe électrogène qui fait tout aujourd'hui coûte une fortune en gazole amené par la route. La demande du gestionnaire est claire : passer au solaire, garder le groupe, et que la bascule entre les deux ne dépende de personne. Voici comment ce dimensionnement hybride se construit dans LE LAB, captures et chiffres réels à l'appui.
Le besoin, tel que le gestionnaire l'exprime
L'eau d'un bourg sahélien ne se négocie pas : les habitants, les troupeaux de passage, le petit maraîchage de contre-saison. Le réseau s'appuie sur un château d'eau et des bâches totalisant 95 m³, remplis jusqu'ici au gazole. L'objectif n'est pas de supprimer le groupe : c'est de le faire taire. Le solaire en source principale, le groupe en secours automatique, sans intervention humaine.
Le Tchad est un terrain éprouvé du pompage solaire : des installations documentées y fonctionnent depuis plus de dix ans, y compris sur des adductions plus grosses que celle-ci. Au Sahel, le kWh produit au gazole coûte 3 à 4 fois le kWh solaire : chaque heure de soleil utilisée est une heure de groupe économisée.
Les données d'entrée dans LE LAB
Quelques minutes de saisie. La ville de référence d'ensoleillement est Abéché, au cœur de la région du projet. Forage à 50 m, refoulement de 15 m vers le château, 200 m de conduite : la hauteur totale est calculée automatiquement, 75 m. Et une réponse pèse plus que les autres : appoint électrique, oui. C'est elle qui oriente l'étude vers une solution hybride.

Le récapitulatif avant calcul : neuf réponses suffisent, la hauteur manométrique totale est calculée pour vous.
Ce que LE LAB propose : une solution 100 % hybride
La solution retenue est une LORENTZ PSk3-7 avec l'extrémité C-SJ12-15, et la tuile l'annonce d'elle-même : « 100 % hybride ». Le champ solaire compte 26 panneaux de 450 Wc en deux chaînes de treize, soit 11 700 Wc, pour une production moyenne de 114,6 m³ par jour. Les chaînes de treize ne sont pas un caprice : le contrôleur PSk3 travaille en haute tension, entre 400 et 850 V, et le champ s'ajuste par chaîne entière. Ce champ généreux face au moteur de 5,5 kW a une vertu : la pompe atteint son plein régime dès le matin et le garde jusqu'en fin d'après-midi.

La solution en un coup d'œil : la mention « 100 % hybride » est portée par la pompe elle-même.
La production, mois par mois : le soleil sahélien porte l'année
Sur seize années d'ensoleillement réel de la région, les douze mois passent au-dessus de la ligne des 100 m³. Le creux est en août, au cœur de l'hivernage : 106,6 m³ par jour, encore 6 % au-dessus du besoin, pour un pire août observé à 5,0 kWh/m²/jour. La courbe de pluviométrie dit le climat d'Abéché : 0 mm en janvier, 181 mm en août. Le solaire seul tient déjà l'année en journée type ; le groupe n'existe plus que pour les mauvais jours.

Le mois critique est affiché : août, 106,6 m³/j pour 100 demandés. La ligne bleue est la pluviométrie mensuelle.

La journée type de juillet : un plateau autour de 13 m³/h de 9 h à 15 h, 100,7 m³ produits. Le champ généreux élargit le plateau, c'est lui qui fait la journée.
Les réservoirs de 95 m³, et ce qui reste au groupe
LE LAB simule la réserve d'eau jour par jour sur seize années de météo réelle. Avec les 95 m³ existants, 362 jours sur 365 sont entièrement couverts par le seul soleil. Restent 3 jours par an en moyenne, à 74 % du besoin, un manque annuel de 78 m³ sur 36 525, soit 0,2 %. L'épisode le plus défavorable des seize années : dix jours de faible soleil en janvier 2009. C'est exactement le travail du groupe.

Les repères disent le prix du tout-solaire : 432 m³ de réservoirs pour couvrir chaque jour des seize années. Personne ne coule ce béton quand un groupe est déjà là.
Les courbes constructeur, au point de fonctionnement réel
Les courbes Q/H de la pompe, tracées depuis les données officielles LORENTZ, hauteur du projet en évidence : 13,1 m³/h à 75 m, et LE LAB précise honnêtement « au maximum de la pompe ». La C-SJ12-15 accepte jusqu'à 23 m³/h et 100 m : à cette hauteur, le système exploite pleinement sa pompe, et c'est le contrôleur qui borne la puissance, pas le soleil.

Débit selon la puissance disponible, par hauteur manométrique. La courbe jaune est celle du projet, à 75 m.
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